Adhérer

Mission Novembre 2015

Voici le debreif de ma dernière mission en Birmanie, novembre 2015 :

Myeick (Mergui), première partie

Cette année j’ai pu être accompagnée d’une jeune étudiante de l’université des langues de Mandalay, Thet Myat Noe ( Yoke Yoke), 19 ans, qui m’a été adressée par la responsable des cours de français, jointe par mail quelques mois avant mon départ.
Sa présence a facilité les contacts et l’avancement des projets dans cette région ou très peu de gens parlent anglais.
Nous avons fait plusieurs formations hygiène sécurité aux enfants, en fonction des âges et des heures de disponibilité par rapport à leurs cours. Puis Yoke Yoke a traduit en Birman les documents que j’utilise pour les gestes d’urgence afin d’en laisser sur place aux responsables de Do Myanmar, que les enfants puissent les reconsulter et que je puisse les utiliser de manière appropriée dans la suite de ma mission.
Puis Thann Htike m’ayant annoncé que la maison louée l’an dernier a été vendue au gouvernement par le propriétaire, il propose de m’en montrer une autre un peu plus grande, un peu plus chère, en cours de finition. La location mensuelle est de 200.000 kyatt, soit environ 1.730 euros par an; après la visite je donne mon accord, elle pourra accueillir plus d’enfants en pensionnat, je discute de quelques changements et améliorations avec le propriétaire, douches et toilettes dédoublés, 1 pour filles, 1 pour garçons, sécurisation du grand escalier et isolation du toit en tôle (afin d’avoir une température supportable dans la pièce principale).

Vous aurez quelques photos de la maison dans le lien Flickr (la mission en images), et le contrat de location en PJ. Par ailleurs Le Moine qui logeait les 10 orphelins étant mort, ces enfants ont été repartis dans des familles, ne vont plus à l’école et travaillent sur les marchés, avec des pêcheurs…
Je demande donc de me rendre dans ces familles afin de re scolariser ces enfants, voire d’autres, les loger, nourrir, vêtir…
Certains sont à Pa Mya Mee 2, quartier encore plus pauvre et désespéré que Myo Thet, et Yoke Yoke me permet d’expliquer clairement ce que nous pouvons apporter à ces enfants et à ces familles. Cependant certains sont dans un quartier si pauvre et décrit comme trop dangereux pour moi, que Thann Htike, Tara, Nwe Nwe Htay, Yé Myo Aung, Ma Hnin et Yin Maung Zaw, responsables de Do Myanmar s’occupant des enfants, refusent catégoriquement de m’y emmener…cette année…je retenterai lors de la prochaine mission.

Les enfants que nous avons réussi à récupérer:

– Myo Ko, garçon de 13 ans, serveur ds un café depuis 1 mois; la mère de famille ne travaillant pas l’a mis au boulot pour avoir des revenus (pas de père), il rejoindra en juillet un programme d’éducation informelle que nous sommes en train de mettre en place (6 mois pour évaluer le niveau des enfants déscolarisés, et les remettre à niveau avant de réintégrer l’école); si on se rend compte que l’enfant n’a ni la possibilité ni la capacité au bout de ces 6 mois (renouvelables si on sent l’enfant capable) de reprendre l’école, on le place en formation professionnelle dans son domaine de prédilection.
– Myo Main Latt, garçonnet de 7 ans et Nwe Nwe Win fillette de 10 ans, récupérés par leur tante qui a déjà 2 enfants en bas âge et pas les moyens de les élever, je lui explique que nous pouvons nous occuper intégralement des 2 grands, puis des 2 siens (une fillette de 2 ans et un petit garçon de 4 ans) quand ils seront en âge d’aller à l’école les enfants on l’air extrêmement tristes et font beaucoup plus jeunes que leur âge…Accord donné.
– puis nous nous rendons dans cet endroit innommable où, au dessus de litres de boues où nous manquons de nous engluer, de tonnes d’immondices qui rendent l’air chaud et moite encore plus irrespirable, des hommes, des femmes, des enfants, des bébés vivent ou tentent de vivre, sur des planches instables posées à quelques centimètres au dessus et en travers, telles un puzzle de l’horreur….
– Chan Aye Aung, garçon de 10 ans, élevé par sa tante depuis 1 an, va à la pêche, après avoir suivi l’école de temps en temps quand il était encore avec son grand père. Chan Aye a très envie de retourner à l’école, sa tante est d’accord. Il y a tant d’autres enfants et de familles vivant là à contacter et à persuader; nous nous asseyons avec eux, dans cette odeur indescriptible, sous ces regards tristes et soumis à leurs peines, les doigts crasseux attrapent des tasses ébréchées, les « rincent » avec une eau incertaine, avant d’y verser du thé birman infusé dans cette même eau…offert en guise de bienvenue et remerciements…donc que je ne peux refuser; je bois, je m’hydrate, je ne m’empoisonne jamais avec des mets venant du coeur…
Je laisse aux adultes des paquets de vêtements qu’ils repartiront entre les enfants qui laisseront leur guenilles ds la boue.
– Myat Min Hein, garçon de 13 ans, travaille avec son père chauffeur sa maman nous dit que c’est l’enfant qui ne veut plus aller à l’école, puis que c’est sa santé qui l’empêche de s’y rendre…
Je lui explique donc tout l’intérêt d’être scolarisé et suivi au niveau médical par notre intermédiaire; il viendra demain à la consult que j’organise à Do Myanmar.
– Aung Ko Latt, garçon de 15 ans, vit avec ses sœurs chez ses grands parents, ne va plus à l’école depuis 2 ans, fait des petits boulots quotidiens; on lui propose une formation professionnelle avec l’éducation informelle organisée par Thann Htike, afin d’apprendre un métier.
Sa grande soeur de 17 ans travaille sur un bateau de pêche sa petite soeur de 14 ans suit des études 5x/s à l’éducation informelle et s’occupe du bébé de sa tante le reste du temps; nous allons tenter de la re scolariser à temps plein l’année prochaine et lui proposer de faire
des études; elle en a très envie.
– Nous organisons avec Yoke Yoke après la sortie de l’école des enfants, une consultation
dans l’ancienne maison dans laquelle les enfants sont jusqu’en janvier 2016

Deuxième partie, Kyo Bin Ka township et les villages de Min O, Kyant O et Thin Khayein

Ces villages appartenant à la partie ouest de Bago division ont été inondés pendant les mois d’aout et septembre; les villageois pont tout perdu dont les plantations qui devaient les faire vivre pendant toute une année.
Je décide de m’y rendre pour faire un état des lieux et au vu des besoins essentiels faire une donation qui leur permettra d’attendre les prochaines récoltes, cette zone n’étant pas ouverte aux touristes Theint Theint Aye ne veut pas que je m’y rende seule.
Un de ses amis d’enfance Kyaw Kyaw Lwin (Djo Djo) me servira de chauffeur et interprète car il parle un peu l’anglais. Je me rendrai compte une fois sur place qu’il ne connait pas ces villages…
Djo m’attend à l’arrivée de l’avion de Myeick et après une séparation difficile avec Yoke Yoke, efficace et très attachante, nous prenons la route vers Bago ouest.
Sur la route nous nous arrêtons pour boire et manger dans un petit troquet où une charmante famille Birmane ira directement dans les champs chercher des légumes pour mon repas pendant que les fillettes grimpent dans les arbres et me rapportent des fruits de la passion …cadeau….
A Kyo Bin Ka aucune des 3 guest house pourries existantes ne veut de moi, pâle étrangère au profil jamais rencontré…Heureusement Djo se souvient d’une amie, Miss Moe Thandar Aye, qui propose spontanément de m’héberger la 1ere nuit dans la maison qu’elle occupe avec son mari, sa fille et sa maman.
Les 2 nuits suivantes la sinistre et abjecte guest house qui loge Djo, accepte de me loger…ils sont par ailleurs charmants mais n’ont semble t il AUCUNE notion d’hygiène.
Nous trouvons 2 gars avec scooter/moto qui acceptent de nous conduire ds les villages le lendemain, l’un a les pneus complètement lisses et l’autre gars a l’air drogué ou sous l’emprise d’un excès de bétel (dont les jets tout au long du rodéo manqueront, ou pas, de m’atteindre entre 2 bosses alors que je m’accroche à son épaule osseuse afin de ne pas me retrouver éjectée) +/- alcool…entre les 2 je choisis le gars étrange (juste un peu plus que l’autre) aux pneus moins lisses.
Après des heures de chemins chaotiques sur ou entre des rigoles desséchées par 40°, un arrêt dans Htan Konn village revenus à une époque bien lointaine ou les charrues et les bras étaient les seuls moyens existants pour s’occuper de la terre…
Ici il reste encore un peu de riz dont le vert oscille dans la rumeur de l’air rarissime; la plupart des champs ont disparus sous le flot des pluies, le gouvernement subventionne un peu les graines pour le riz mais pas pour les haricots.
Les traces de la montée des eaux sont encore présentes sur les troncs des arbres les plus forts, et les pilotis de quelques habitations, la terre est craquelée comme en plein désert et semble morte, les vaches sont décharnées , les pirogues à secs semblent se racornir
A Min O nous allons au Monastère Tha, Payar Kon afin de discuter avec les chefs de villages et le Moine des besoins des familles; dans un premier temps ils veulent que je choisisse les familles les plus nécessiteuses, je réponds que les donations doivent être divisées et distribuées entre tous.
Nous nous mettons d’accord pour plusieurs centaines de kilos de riz pour attendre les prochaines récoltes, des kilos de graines pour faire pousser les haricots, des kilos de haricots et de l’huile de tournesol (pour changer de leur huile frelatée à prix abordable pour eux), pour
faire cuire tout cela.
Les chefs de villages demandent 15.000Ky pour venir chercher les donations au Township je fais intervenir Le Moine par l’intermédiaire de Djo pour expliquer que cette demande est inconcevable…
Au pied du grand arbre une famille nous offre riz, quelques légumes et thé Birman avant que nous reprenions la « route » en sens inverse.
Le vieil homme du village a mis sa chemise qui fut sans doute blanche et dont la trame laisse apparaitre chaque fil l’ayant constitué un jour plus que lointain…sous les fils on peut voir sa peau usée et burinée aussi sèche et craquelée que la terre qui bruisse et s’envole sous nos pieds.
Le soir de retour à Kyo Bin Ka je recherche et achète les sacs de riz, graines et huile de tournesol que nous chargeons ds le coffre et sur des taxis vélos pour entreposer chez Moe en attendant les motos scoot demain matin.
Ils viendront, chargeront et repartiront, contents…
– Jour suivant, Thin Khayein Monastry; ici 250 orphelins recueillis par le Moine principal U THU Mana, 28 ans, depuis 7 ans, et ses aides, le plus petit a 6 mois, 11 ont entre 6 mois et 2 ans, 239 entre 2 et 13 ans; après 13 ans ils vont au Township dans une école et sont logés dans une maison louée par le moine.
Je leur donne des cahiers et stylos achetés le matin au marché et des sacs de riz et de l’huile pour quelques repas.
Encore une nuit dans la souillure et nous repartons à Rangoon puis avion pour Hého dans la foulée.

Troisième partie, le village des Lèpreux puis Phaya Taung

Après avoir retrouvé mes amis de Nyaungshwe, petite réunion informelle autour d’un verre de vin; Pierre et Ko Htun Htun vont dès le lendemain m’emmener à la rencontre de Sia Ma, Birmane responsable de l’association Swe Inn Thu, s’occupant des villages Chan des montagnes les plus éloignés et qui manquent de tout.
Elle et son équipe s’y rendent régulièrement pour les former, les aider et les suivre jusqu’à ce qu’ils aient un minimum d’autonomie; Pierre (architecte Lyonnais installé à Nyaugshwe proprio de La Maison Birmane), leur a appris à faire des maison en torchis, Sia Ma, a passé ces derniers mois à leur expliquer comment votre et l’intérêt du vote, les volontaires de Swe Inn Thu leur ont appris à faire un engrais fertilisant naturel à base de tronc de bananiers mis en putréfaction dans de grands bacs avec des vers, des savons organics à base de citron ou tamarin…
Puis nous nous rendons au village Nyaung Pinthar; 184 villageois, 47 maisons, 87 hommes, 97 femmes dont environ 70 enfants de moins de 18 ans; ce village a été construit à la fin de la 2nde guerre afin de regrouper les lépreux de la région, une sorte de mise en quarantaine pour mettre à l’écart une maladie qui faisait peur, que l’on ne connaissait ni ne comprenait; les enfants n’allaient pas à l’école, les villageois ne sortaient pas du village.
Actuellement dans ce village il reste 10 lépreux, 3 femmes et 7 hommes, adultes; ce sont des lèpres des extrémités, mains pieds, cutanées et ophtalmiques; il semble que des médecins de Taungyi et/ou une ONG locale ait donné des traitement pendant 4 à 12 ans…quand ? suivi ?
Les lèpres ne semblent pas évolutives mais je voudrais (je veux) qu’ils aillent à l’hôpital de Taungyi pour faire les tests; ors même si bien entendu nous leur payons les transports, analyses et traitements si il en faut, les villageois sont effrayés par la route, les voitures, la simple idée de sortir du village; Une jeune femme de 28 ans atteinte d’une lèpre cutanée dans son enfance m’incite particulièrement; elle vient d’avoir un bébé et, ne sachant son degré d’immunité mon souci se porte sur la transmission mère/enfant et sur le départ d’une nouvelle « épidémie » autour du
bébé; j’espère qu’elle a compris l’intérêt d’aller se faire dépister. Les villageois travaillent à la journée dans les champs alentours, ils ne possèdent rien, ils ont créé une communauté dans le village: chaque famille épargne dans un pot commun 300 à 500 kyatt par semaine; cet argent servira aux dépenses générales du village (sacs de riz, huile..entreposés dans un local et distribués chaque semaine à chacun), ou servira a faire un prêt à une famille pour faire face à un coup dur, toit à refaire, dépenses de santé…
Les problèmes de santé dans le village sont ORL, pulmonaires, cutanés, infectieux…une hydronéphrose, calculs rénaux, fibrome utérin.
Un homme de 35 ans a été renversé par une vache dans le champ où il travaillait il y a plus de 3 mois; fracture, luxation ?? il n’a vu aucun médecin, ne peut plus marcher donc ne travaille plus et seule la communauté peut subvenir aux besoins de sa famille.
Après avoir contacté l’hôpital de Mandalay avec mes amis pour prévoir l’opération, Pierre et Htun Htun ont emmenés ce monsieur à l’hôpital en décembre où il semble avoir été opéré; j’attends le compte rendu et le coût car nous prendrons en charge les soins et médicaments; ci joint les mails de Pierre :
« Coucou Isabelle
Juste pour te tenir informée, je te fais suivre ci-dessous le message que viens d’envoyer à Po Po Aung, l’assistante du Dr Pattel.
D’après elle les soins en hôpital public sont gratuits. Il faudra payer les médicaments. Les autres frais portent sur les transports repas hébergement des gens qui l’accompagnement.
Je ferai la liste de tous les frais (que j’avance ) et te tiendrai informée. Aujourd’hui nous avons fait 3 hôpitaux pour des rendez vous qui n’étaient pas honorés…. depuis 8h ce matin jusqu’à 18h.
Bises
Pierre
Nous avons accompagné le patient aujourd’hui à Taunggyi. Nous avons vu le docteur U Kyaw Win ce soir au Sain Hospital. La radio montre qu’il n’y a aucune fracture. Le fémur est deboité (depuis 4 mois)
Le patient sera hospitalisé demain matin au Public Hospital et opéré après demain par le docteur U Kyaw Win. Il va lui mettre une broche je crois qui sera enlevée plus tard. « 

– Le jour suivant au petit matin Thant Zin Oo assistant du Grand Moine Phom JI, vient me chercher au « French Touch », où je suis hébergée par Yannick et Swe Swe.
Nous partons pour 4h de pirogue sur le Lac Inle, pour dépasser Inle, Sankar et atteindre Phayar Taung.
Arrivée magnifique accueillie par les enfants et Phom Ji et ses acolytes. Les enfants sont 1000 cette année, 2 à totalement orphelins, 100 pris en charge à 100% par Phom Ji car de familles trop pauvresles autres familles participent en fonction de leurs possibilités.
Dispensaire achevé selon les plans d’un donateur anglo Pakistanais, Feroze Dada qui arrive quelques jours plus tard avec une médecin retraitée de Scotland, rhumato/physio qui ne connait pas la Birmanie et n’a jamais travaillé en humanitaire…
Feroze tient à ce que son assoc paie la totalité de la construction du dispensaire, et nous, matériel et fonctionnement (auquel j’ajouterai le »salaire » de la Midwife que j’ai trouvé dans le village de Kone Thar, à 10 minutes de pirogue de Sankar qui est à 30 minutes de pirogue de Phayar Taung.
J’organise les consultations au nouveau dispensaire, et les enfants ne sont pas longtemps timides; ils se présentent rapidement, nombreux avec des pathologies à type d’infections cutanées, parasitoses, céphalées, fatigue, gales, bronchites…
Heureusement que Thant Zin Oo et Moe Nwe (le prof de physique de l’école de Phayar Taung) sont là pour traduire Thet Nang Soe, l’aide soignant n’a fait aucun progrès et n’a pas la volonté d’apprendre ni de s’occuper efficacement de la santé et prévention des enfants.
Il ne viendra même pas assister à mes séances de formation le soir dans la grande Pagode face aux 900 ou 1000 enfants.
C’est ce qui m’a encore plus poussée à m’engager dans cette recherche du Chaman de Sankar un jour de marché, à arpenter les pagodes vacillantes, entamer une parie de volley avec les enfants et Moinillons du village par 40°…jusqu’à tomber sur ce shop improbable où le Chaman de 70 ans était là à examiner qq villageois; nous avons partagé un thé puis il m’a parlé de Daw Nang Khin Oo, 65 ans retraitée du gouvernement et recevant chez elle à Khon Thar les villageois pour les aider.
Heureuse et emballée par ma proposition de venir travailler au dispensaire de Phayar Taung 1x/s pour commencer, elle vient le lendemain à 10h pour que je la présente à Phom Ji et lui fasse visiter le dispensaire, lui montre les médicaments (elle m’explique aussi les traitements locaux) et le fonctionnement.
Elle est aussi emballée que moi et j’espère juste qu’elle acceptera les sous que lui donnera Phom Ji (elle voulait travailler en tant que volontaire) et que l’aide soignant apprendra à son contact.
Elle drainera certainement les villageois alentour et le dispensaire pourra devenir un centre de santé crucial pour cette zone éloignée; il faudra juste assurer son fonctionnement en organisant des missions plus fréquemment et envoyant des médecins de différents endroits (peut être aussi ophtalmo, dermato et dentiste…)
Je demande à partir en pirogue à Peikon, petite ville à 3h de pirogue au sud …du sud….du Lac pour faire un stock de médicaments tacheter plantes et arbustes pour le terrain.
Trajet sublissime de beauté, sauvage, très nombreux oiseaux, hirondelles, paysage oscillant entre le bleu, vert, fuchsia des fleurs de Nénuphare, fin canal pour faire glisser la pirogue dans les herbes vertes du Lac, un vrai bonheur.
Je trouve là bas une pharmacie avec une jeune pharmacienne de 23 ans parlant très bien l’anglais; elle va devenir partenaire pour s’occuper d’entretenir le stock de médicaments tous les mois ou 2 mois;
Tanakita Burma prendra cela en charge.
Malheureusement ce n’est pas le jour de marché et je ne trouve rien pour les plantations; Phom Ji met à notre disposition un terrain de 3 hectares environ, à 2000 pieds de la rivière, où nous planterons cocotiers, papayers, bananiers, légumes, herbes et épices afin d’améliorer l’alimentation des enfants.
La veille du départ Phom Ji organise la célébration d’inauguration du dispensaire; les villageois alentours sont là, très heureux et plein d’espoir et reconnaissance; le soir même quelques uns se présenteront (hypertension, crise d’asthme chez une petite fille Pao….)

Projets 2016

– Myeick: scolarisation et suivi des enfants de Myo Thet
– Suivi des villageois Lèpreux, bilan, traitements chirurgie porto
– Fonctionnement du dispensaire de Phayar Taung, entretien avec la midwife afin qu’elle vienne plus souvent…si possible. Je vais essayer de monter des missions médicales…
– Je voudrais que nous financions des lits (superposés) et bureaux pour 2 et tabourets, pour les enfants de Phayar Taung afin qu’ils ne dorment plus les uns contre les autres et que les gales et autres infections cutanées et parasitoses ne passent plus de l’un à l’autre; beaucoup de bois et menuisier sur place, coût certainement modéré
– Je voudrais aussi apporter des lampes solaires pour chaque enfant afin qu’ils ne s’abiment plus les yeux à étudier dans un rayon de lune ou dans une lumière défaillante, assis sur une marche ou un caillou penchés sur leurs cahiers et notes pendant des heures (cervicales, dorsalgies, céphalées, fatigue…)
– Plantation et entretien du terrain, fruits et légumes…
Enfin, je compte proposer une AG vers le mois de mars afin que nous discutions de l’intérêt de faire 2 missions par an de 15j plutôt qu’une de 28j…