Adhérer

Mission Tanakita Burma Novembre/Décembre 2017

De la terrasse du monastère à travers les forêts de  bambou  brillant d’un incomparable  vert chargé d’une pluie récente, j’aperçois les montagnes et quelques lointains villages.

Ce lieu autant isolé que mystérieux est le village de Rwan Ku en territoire Kayah en Birmanie.

J’y suis arrivée en fin de journée après 2 h de pirogue et 3h de route après avoir quitté Phayar Taung au Sud du lac Sankar.

Entre 2 bouchées d’un curry Thaï bien pimenté ( surtout pour une heure aussi précoce) avalé sur place nous parlons du projet des îles de Myeick sur la mer Andaman.

Tin Tin a déjà participé à apporter l’électricité par panneaux solaires, l’eau par forage, dérivation et canalisation, construire des écoles dans â peu près 25% des 800 îles existantes dans cette division, et ce pour un budget de 570.000€, 5% assumés par le gouvernement et 95% par de grosses entreprises et donateurs. Mais entre temps la politique du gouvernement a changé et pour cette année le projet est au point mort.

Ce budget ne correspondant pas aux possibilités de Tanakita Burma, cependant je suis juste preneuses d’idées d’entreprises qui pourraient être intéressées.

Puis je prends mon 4ème vol pour Heho que j’atteins à la nuit tombante et, manquant certainement de vigilance ( un peu de fatigue quand même ) je me laisse embarquer dans un taxi fou pour atteindre Nyaungshwe et mon hôtel non sans difficultés après plus d’une heure au lieu de 45 minutes.

Bon accueil, bon hôtel et nuit ressourçante.

Au petit matin Htan Zin Oo vient me chercher et nous partons sur des routes cabossées et brûlantes pour atteindre Phayar Taung en 4h.

Heureuse d’arriver et de retrouver quelques repères; à peine le temps de déjeuner avant de participer à un cours sur les douleurs abdominales donné par une équipe de Scotland aux étudiants en Health care.

Nous faisons le point sur le fonctionnement du dispensaire et les formations à faire, nous nous partageons les tâches …

Encore un matin dans les lueurs de Phayar Taung où, dans les brumes du lac Sankar, je me joins aux étudiants pour le petit déjeuner qu’ils prennent après déjà 2h d’étude et 30 minutes de gym.

Puis passage à la plantation en partie inondée par une saison des pluies à rallonge et réunion avec Phom Phomgyi pour valider l’extension de celle ci dès qu’il aura pu acheter le terrain bientôt laissé vacant par les villageois transportant leurs maisons dans un lieu plus proche de la route afin de se faciliter la vie (de leur point de vue).

Ces transferts sont assez surprenants, bien souvent sur chars à bœuf, tout le village se mobilisant pour une maison après l’autre.

La plantation sera 5 fois plus étendue ce qui améliorera d’autant l’alimentation des enfants et laissera certainement la possibilité de vendre des fruits et légumes au marché.

Puis ma pirogue arrive et je parts pour 2h pour Pekon où m’attend Hni Hni Oo, la pharmacienne chez qui je fais le plein de médecine traditionnelle ( j’ai emporté ce qui me semble nécessaire en matériel et médecine occidentale) pour le nouveau dispensaire de Rwan Ku.

J’ arrive à Pekon en plein fête de nouvel an Chan ( l’ethnie locale) et nous allons faire un tour au Monastère tout en musiques et couleurs des tenues traditionnelles.

C’est là que vient me chercher U Obhasa (mon correspondant Moine au Monastère de Rwan Ku) et nous partons pour 3h de route avant de rejoindre Rwan Ku pour le dîner.

Totalement émerveillée par le dispensaire tout en bois et bambou, je trouve le sommeil sur une planche en bois sous une bonne couverture dans la maison des femmes, non sans avoir validé (à sa demande) le discours de U Obhasa pour l’inauguration.

Ce matin très belle cérémonie où sont présents les 48 enfants du monastère, tous les villageois, un moine de Pindaya avec 2 médecins l’un de Pindaya, l’autre de Mandalay,  et 3 infirmières venus pour donner un coup de main au dispensaire, et…les forces armées de la 427e division…le général, un médecin de l’armée et qq militaires en armes ( en fait je ne suis pas vraiment autorisée à séjourner dans cette région et dans ce monastère et n’ai jamais déclaré mon activité donc c’est sans doute une façon d’éviter tout problème..).

Discours, danses, chants, et grands déjeuner offert à tous et nous nous mettons au travail car aussitôt ouvert aussitôt efficace…

En milieu d’aprem une pause et je parts en balade avec U Obhasa, des profs de l’école et des infirmières pour aller voir une grotte. Nous traversons forêts de bamboo, champs, ruisseaux et frontale vissée sur la tête explorons cette immense grotte dont nous ressortons sous une pluie battante.

Balade inverse dans une boue rouge et glaireuse dont je ne sais comment me débarrasser…n’oublions pas qu’il n’y a pas l’eau ici.

À suivre, ou pas, je ne vais peut être pas vous donner les détails de mon hygiène toute relative pdt ces quelques jours ou semaines.

Pas le temps de penser, un homme arrive portant sur son dos son fils de 8 ans hurlant de douleur; ils vient de se renverser une bassine d’eau bouillante sur les jambes. Les médecins locaux sont dépassés et m’appellent sur le champ avant l’un de déguerpir, l’autre me servir de «  petite main ». Je donne les premiers soins afin d’arrêter la brûlure, maîtriser la douleur autant que faire se peut et éviter l’infection, puis l’envoie à l’hôpital de Loikaw…à 1h30 de route afin de mettre cet enfant sous perfusion d’antalgique.

Une pause? Non U Obhasa me convie à venir avec lui raccompagner 2 Institut ds un village voisin…

Alors je pars….

Après ces journées excitantes et fructueuses en territoire Kayah retour à Phayartaung en territoire Chan.

La plantation, et une partie du village, baignent ds une eau surprenante pour cette saison sèche . Les serpents abondent et je suis très moyennement rassurée qd je marche ds les herbes hautes avant d’embraquer sur la pirogue pour faire le tour des papayers.

Les fruits touchant l’eau ont été ramassés en nombre et nous en mangeons à chaque repas crus ou en curry….c’est un plaisir….

Nous avons discuté de ce nous pouvons faire avant que la terre ne s’assèche et débuté quelques cultures autour de la cuisine.

J’ai donc acheté, à leur demande, des graines de pumpkin, pastèque, ail, oignon….et vais débuter une plantation de gingembre et curcuma.

Par ailleurs je vais faire construire un bac à compost et leur expliquer l’intérêt et la manière d’obtenir un bon compost.

Je mets en place pour cette semaine des cours de nutrition afin qu’ils comprennent comment se nourrir, les diverses classes d’aliments, comment réussir à mettre en place  un bon équilibre alimentaire afin de rester en santé.

Il y aura 3 cessions: l’une pour les infirmiers, l’autre pour tous les enfants le soir ds la pagode centrale, seul lieu où je peux réunir les 1000…, et une pour les cuisines que je donnerai sur place.

Il y a 2 jours j’ai été reçue par le leader Pao, un homme absolument charmant de 82 ans, dans sa grande maison d’un village à 3h de route chaotique d’ici.

Nous avons beaucoup parlé, il a raconté comment de sa destinée et de son désir de devenir moine après plus de 10 ans de Monastere et université du Bouddhisme il a été pris par le virus (ce sont ses termes) de la politique et est parvenu à être leader des Pao et obtenir en quelques années la paix dans son secteur et pour sa tribu.

Il est un grand ami de Phomgyi et je pense que celui ci souhaitait avoir aussi son assentiment quant à notre action ds ce territoire Chan bordé par Pao et Intha.

Ce fut un moment inoubliable et il est très enthousiaste de ce que nous parvenons à faire pour aider le futur des petits Birmans quelle que soit leur tribu d’origine.

Je me suis risquée cependant à l’interroger sur son avis sur le conflit avec les Rohingas…

Hier pirogue pour Peikon, grand marché et pharmacie pour acheter de quoi enrichir la plantation et fournir le dispensaire de Phayartaung…3h A/R, la pluie a failli nous noyer par sa force et sa puissance tonnerre et éclairs toute la nuit, boue et serpents ne sont pas prêts de se retirer…

Les jours suivants avec Phom PhomGyi, le grand moine et U Zin Lei, le 2nd moine, nous mettons en route de nouvelles plantations.

la 1ere à PhayarTaung, sur des terrains prêtés par des villageois, villageois que nous employons à labourer, planter, recouvrir, irriguer.

Ces terrains sont à distance des rizières, légèrement surélevés et ne devraient pas être inondables.

Puis PhomGyi m’emmène vers les terrains que nous allons acquérir, à 20 minutes de route très très chaotique.

Ce sont ces terrains qui vont être laissés vacants par les villageois qui déplacent leurs maison en bord de route.

Sous un soleil brûlant à l’aide d’une corde et de morceaux de bois nous mesurons l’ensemble des terrains que nous pourrons acquérir.

En tout ils mesurent 11 acres…de quoi planter, varier, nourrir et vendre pour gagner de l’argent pour le Monastère, et entretenir, construire, améliorer…

Ainsi s’achève cette 13ème (ou 14eme…??) mission Birmane, sur de belles réussites et de nouveaux projets.

Je vous invite à regarder les photos dans la galerie photo, les images étant souvent révélatrices…

Prochaine mission automne/hiver 2018.